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COMMUNIQUE DE PRESSE

Lettre ouverte suite à la Conférence agricole départementale du 3 octobre 2016 à Chauvigny

13.03.2016

Mesdames, messieurs,

 

Les aléas climatiques que nous venons de subir plongent l'agriculture départementale dans une grande difficulté. Les instances s'en préoccupent et nous avons pu entendre les voix de chacun.e à la conférence agricole du lundi 3 octobre 2016.

 

Néanmoins le ton monte dans les campagnes. Les situations se dégradent. Tous les ateliers génèrent des problèmes de trésorerie. Les hommes et femmes du monde agricole souffrent et sont dans le désarroi. Cette année difficile doit-elle incriminer uniquement le climat, ou n'est-elle pas le révélateur d'une crise agricole beaucoup plus profonde ? Ne sommes-nous pas arrivés à la fin d'un modèle ? Ne subissons-nous pas aujourd'hui la loi du surinvestissement pour produire et encore produire ?

 

La disparition de bon nombre de mécanismes de régulation des marchés agricoles au niveau européen provoque une grande volatilité des prix. Aucun.e paysan.e n'est en mesure de faire face à la fluctuation des prix avec de faibles rendements. Ce marché agricole mondialisé n'a pas de sens : chacun attend une mauvaise récolte quelque part dans le monde pour espérer voir les prix augmenter. Ce serait si simple avec son drone de choisir sous quelle latitude implanter telle ou telle culture, tantôt en Russie, tantôt en France…

La disparition des fermes au profit d'une agriculture industrielle est une dérive que nous combattons, nous sommes attachés à un modèle agricole avec des paysans nombreux sur un territoire vivant et diversifié.

 

Dans ce système pour que quelqu'un gagne il faut forcément un perdant !!

 

Alors que l'on parle partout de circuit court, de relocalisation, nous n'avons rien entendu dans ce sens ce lundi : qui doit-on sauver, le port de LA PALLICE ou les paysans ?

Si aujourd'hui tout le monde semble d'accord pour dire qu'il faut plus de régulation, il n'en était pas de même en 2012 lorsque les céréales étaient au plus haut. Pourtant à cette période, les éleveurs caprins en pleine crise du lait de chèvre ont subi l'envolée des prix des aliments. Qui s'est mobilisé pour la sauvegarde des éleveurs et leur production ? Peut-on continuer à vouloir conquérir les marchés mondiaux et en même temps revendiquer de manger français ?

 

Le changement de vocation des terres fait disparaître, depuis bon nombre d'années, l'élevage au profit des grandes cultures. Les systèmes spécialisés dans des zones où le potentiel des sols est faible sont très fragiles. L'agrandissement à tout va semble être le seul remède au maintien du revenu de chacun, mais provoque globalement une baisse de valeur ajoutée.

La pression mise sur le foncier a provoqué une augmentation déraisonnable du prix des terres, qui n'est plus du tout en adéquation avec la rentabilité dégagée sur les fermes, et là ce sont bien les agriculteurs qui en sont responsables : chacun.e est entrainé.e par la spirale, pensant ainsi être sur l'unique voie de survie et choisissant le chemin du surendettement.

 

Dans ce système pour que quelqu'un gagne il faut forcément un perdant !!

 

Les systèmes de production sont basés sur la concentration des outils. Les conseils fusent pour être plus compétitif, plus performant, mais à quel prix ? Combien de kilo d'aliment doit-on acheter, quelle quantité de produits doit rentrer ? Plus performant ou plus dépendant.  A qui profite le plus ces systèmes ? Qui ne va pas honorer ses contrats sur les marchés internationaux ? Qui va se retrouver avec des notes d'impayés et qui devra payer les agios de retard ? A cette question nous connaissons tous la réponse : LE PAYSAN car quoi qu'il fasse, il paye toujours le lourd tribu des choix faits par d'autres.

 

Dans ce système pour que quelqu'un gagne il faut forcément un perdant !!

 

Bien sûr aujourd'hui des aides d'urgence sont nécessaires pour permette à tous les paysans de passer cette année compliquée.

Pour préserver le dynamisme de notre territoire et nous refusons le plan de licenciement généralisé. Nationalement, nous avons été force de proposition pour demander :

  • Des aides d'urgences pour les familles les plus en difficulté, quand il n'y a plus de revenu il faut continuer à faire bouillir la marmite.

  • Des aides aux trésoreries des fermes : report d'annuités, prêt de trésorerie, gel des prix en 2017 des organismes qui nous entourent (véto, conseil, frais bancaires...) etc.

Bien sûr, ces aides doivent aller aux plus en difficulté ; le manque de revenu disponible doit être le principal critère.

 

Mais il faut aussi améliorer le fonctionnement de nos fermes pour les rendre autonomes et faire évoluer les systèmes de productions. Les achats extérieurs semblent beaucoup trop importants au regard du chiffre d'affaires escompté. Ne visons plus le meilleur rendement mais le meilleur revenu pour nous en fonction du potentiel agronomique. Maîtrisons nos investissements pour avoir plus de marge de sécurité et encaisser les coups climatiques.

 

 

Voilà ce que nous aurions aimé entendre ce

LUNDI 3 OCTOBRE 2016 !


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